Philosophy d’enseignement

Quand il n’y a plus de tensions dans le corps, on est prêt à relâcher le mental. « Relâcher le mental » veut dire qu’en se concentrant sur une idée, une sensation ou le souffle, on arrive à laisser tomber les pensées et les cibles d’attention habituelles. Ainsi, on fait une place dans la conscience où des images subconscientes, des sentiments, de nouvelles idées et notre bien être naturel peuvent se manifester. Le but principal d’un cours de yoga est de donner aux participants la possibilité de sentir le bien-être.

Les participants des cours de yoga ont aussi d’autres attentes – la souplesse, le gainage, l’équilibre, la relaxation, la gestion des émotions, la sensibilisation au corps, l’amélioration de l’image de soi.  Les techniques de pranayama ainsi que les différents types de postures (étirement, flexion et torsion du dos, renforcement des muscles profonds, postures d’équilibre, postures renversées et enchaînements des postures) sont également efficases dans la suppression des tensions dans le corps et la réalisation de ces attentes.

Un cours de yoga n’est pas qu’une séquence de postures : il y a aussi un rythme d’effort et de repos, une structure (prise de conscience, échauffement, postures, préparation de la relaxation et relaxation) et l’adaptation des postures au niveau des participants.

Meme si les participants ont des objectifs divers, par exemple la santé, la souplesse et la relaxation, le but ultime  qui a été proposé dans les anciens textes sur le yoga est le samadhi. La santé, la souplesse et le gainage sont des buts importants mais un cours de yoga doit surtout nous amener vers un état de détente et de bien-être, qui est déjà un premier pas sur le chemin vers samadhi.

 

 

 

yoga

Le mot « yoga » vient du sanskrit, une langue de la famille indo-européenne qui est utilisée en Inde depuis l’Antiquité pour la transmission des textes religieux. Il est composé de la racine « yug– » qui signifie « atteler, unir »[1]. Aujourd’hui, on pratique généralement une forme de hathayoga mais le concept d’union est toujours central à la pratique du yoga.

Ce concept implique la dissolution des dualismes ainsi que le lien entre notre volonté et une matière, ce qui est essentiel à la pratique de toute discipline. Un dualisme de grande importance pour le hathayoga (le mot « hatha » peut être traduit en français par « force »[2]) est celui du corps et de l’esprit. Même si l’idée que « ha » ayant le sens de « soleil » et symbolisant la conscience et « tha » ayant le sens de « lune » et symbolisant le corps est mythologique, le fait de nous centrer et d’écouter les messages de notre corps nous amène à une harmonie de l’esprit.

Le yoga existe depuis au moins 3’000 ans et il est déjà mentionné dans les Upanishad. Plusieurs siècles plus tard, le concept est développé dans le Bagavad Gita, où plusieurs chemins ou marga sont présentés en détail. Les principaux marga sont le karma-yoga ou le yoga de l’action, le jnãnayoga ou le yoga de la connaissance et le bhakiyoga ou le yoga de la dévotion.

Avec les Yoga sutra, écrit entre 200 av. J.-C. et 200 ap. J.-C., le yoga a été codifié et devient  un darshana[3], une des six disciplines de pensée classique indienne. On trouve dans les Yoga sutra, des réflexions sur asana et pranayama. Mais, avec seulement trois sutra qui portent sur le sujet des asana, cet ouvrage n’a pas beaucoup en commun avec les vidéos sur YouTube et les livres de yoga qu’on trouve en librairie aujourd’hui !

Le développement du hatha-yoga comme partie intégrale de la pratique du yoga est associé à l’élaboration du tantrisme entre le 4ième et le 15ième siècle.  Ainsi dans la Hatha yoga pradipika, écrit par Svatmarama vers le 15ième siècle, nous trouvons une codification des techniques, comme l’asana et le pranayama, qui sont centrales dans la pratique contemporaine du yoga.

Cependant, le yoga pratiqué couramment aujourd’hui doit également beaucoup à l’échange des idées occidentales et orientales en Inde (depuis la période coloniale) et en Occident (depuis la première partie du 20ième siècle).  Le tantrisme a popularisé l’idée que des pratiques corporelles peuvent nous amener à la liberation de l’esprit.  Cependant, l’orientation contemporaine du yoga vers la santé et le fitness ainsi que les pratiques posturales du Hatha yoga sont  une fusion des approches traditionnelles de l’Inde et les disciplines occidentales.

La croissance du yoga en Occident et le développement des écoles contemporaines est surtout un développement de la deuxième partie du 20ième siècle. Il est en grande partie le résultat du travail des grands maîtres indiens (Iyengar, Jois et Desikachar (étudiants de Krishnamacharya), Sivananda, Sachidananda…) qui ont amené le yoga vers l’Occident et l’ont popularisé ainsi que des innovateurs occidentaux comme John Friend (Anusara yoga), Birkham Choudhury (Birkham yoga) et Paul Grilley (Yin yoga).

Le fait que le yoga représente une tradition qui nous a été transmise depuis un temps ancien confirme sa sagesse.

Des pratiquants viennent souvent au yoga pour des raisons liées à la santé et au développement physique. Or, il y a un grand nombre d’autres disciplines (par exemple : pilates, tai chi, cours de remise en forme, de CAF, d’étirement, d’étirement du dos) qui offrent des techniques pour atteindre ces buts.

Le yoga se distingue des autres disciplines en étant un système complet et intégré. Il comprend le physique et le spirituel et offre une panoplie de techniques, y compris des enchaînements, des postures, le pranayama et la méditation. Il comprend également une philosophie de développement spirituel qui, par rapport à ma pratique, fonctionne comme principe d’intégration et donne un sens aux objectifs matériels comme la souplesse, le gainage et la santé du corps.